[ Je suis infiniment désolée pour le retard, mais j'ai pas mal de petits problèmes en ce moment et une montagne de chose à régler. Enfin, voilà le chapitre 7. Bonne lecture ^_^ ][ POV Shana ]
La faible lueur du jour qui perce à travers le morceau de tissu pendant lamentablement devant ma fenêtre, servant de rideau, me fait froncer les sourcils. J'aurai bien dormi quelques heures de plus. J'ouvre un oeil fatigué, puis l'autre, observant tout autour de moi.
Bill et Théo sont encore endormis, blottis tous les deux contre moi, leurs têtes reposant sur le haut de ma poitrine. Je les regarde quelques instants, attendrie puis, je m'extirpe le plus discrètement possible du lit, bien décidée à préparer un bon petit déjeuné à mes deux petits protégés.
Je dois ménager Bill, aujourd'hui est un jour important pour lui...même s'il ne le sait pas encore.
Je retourne dans la chambre et dépose un plateau emplie de fruits et de céréales au pied du lit, avant d'aller gentillement secouer les deux jeunes marmottes.
" -
Allez petits marmottons, debout ! Je vous ai apporté le p'tit dej' au lit. "
Je tire d'un coup sec sur la fine couette qui les recouvre et Bill grogne légèrement en plaquant ses poingts fermés sur ses yeux.
" -
Shanaaa la lumière ! Et j'ai froiiid, redonne la couverture !
-
Nan, allez debout paresseux. "
Je le tire par une jambe et le fait tomber du lit. Un <<boum>> résonne dans la pièce et Bill se masse le postérieur endoloris par sa chute en grommelant.
Théo et moi éclatons de rire et Bill ne tarde pas à se joindre à nous.
Nous nous asseyons finalement tous sur le lit, pour profiter du petit déjeuné.
Théo picore quelques céréales au chocolat pendant que Bill s'empare d'une pomme dans laquelle il croque à pleines dents, le sourire aux lèvres.
Il a l'air plus en forme que ces derniers temps, c'est un jour idéal pour des retrouvailles.
D'ailleurs, il est temps que je mette mon plan à éxécution.
" -
Vous avez vu ? Il fait beau aujourd'hui . -
Ouais, ça change de la pluie et de la grisaille Parisienne. -
Ca vous dit d'aller faire un pique-nique au square et de profiter du soleil ?
-
Ooooh ouais, trop cool ! " s'eclame Théo en sautillant sur le lit et renversant des petites pépites chocolatées qu'il était entrain de manger.
" -
Tu feras du toboggan avec moi, d'accord Billou ?
-
Euh, je...je sais pas.
-
Ooh allez s'il te plaît. Dis oui ! "
Théo le regarde avec des yeux suppliants et joint ses deux mains, comme pour formuler une prière.
Bill ne lui résistera pas longtemps.
" -
Oui mais, si quelqu'un me reconnaissait ?
-
T'inquiètes pas pour ça. On peut pas dire que le quartier attire les touristes, par contre je peux t'assurer qu'on sera tranquille. -
S'teu plaît Billou ! -
Bon, ben je crois qu'on devrait préparer un panier pour le pique-nique alors.
-
Ouaiiis merci Billou, t'es trop génial !
Je vais m'habiller maman. -
N'oublies pas de te brosser les dents. "
Trop tard, Théo court déjà s'enfermer dans la salle de bain.
[ ... ]La vieille balançoire du parc grince péniblement à chaque mouvement que fait Théo. Elle est rouillé et branlante mais il ne semble pas y faire attention, au contraire, il s'amuse comme un petit fou. Je ne l'avais plus entendu rire d'aussi bon coeur depuis longtemps. Je suis heureuse de le voir ainsi, ses yeux brillants de malice et son visage d'enfant affichant un large sourire.
Bill est debout derrière lui et il le pousse de toutes ses forces, le faisant décoller dans les airs. Cela amuse beaucoup Théo.
Contrairement à ce matin, Bill semble lointain et triste. Mais lorsque je lui demande ce qu'il ne va pas, il affiche un immense sourire et me répond que tout va parfaitement bien.
Je sais qu'il ment. Je sens qu'il a mal. Il ne veut tout simplement pas l'avouer. Alors il enfile un masque et il joue un jeu. Il se créé un personnage pour se rendre plus fort.
Ses si beaux yeux couleur chocolat ont perdu tous leur éclat, toute leur luminosité. Ils sont vides et sans expression.
Je suppose que son mal être est dû à la distance qu'il a instauré entre lui et son jumeau. Cette situation le fait souffrir, et pourtant c'est lui qui s'impose cette souffrance. S'il le voulait il pourrait tout arranger, il lui suffirait de renter chez lui, de retrouver sa célébrité et son frère, et à ce moment-là tout rentrerai dans l'ordre.
Quoiqu'il en soit, il est tant que les choses s'arrangent.
Je me lève du banc sur lequel j'étais assise et m'avance jusqu'à l'air de jeux.
Mon plan "retrouvailles des jumeaux en détresse" continue.
" -
Bill tu peux rester avec Théo quelques instants s'il te plaît ? J'ai oublié de prendre des serviettes en papier, je vais aller en acheter à la superette. J'en ai pas pour longtemps, je reviens. "
Je ne lui laisse pas le temps de répondre, je le vois seulement hocher la tête avant que je ne sorte du square.
[ POV Tom ]
Je suis assis sur mon lit, dans ma chambre d'hôtel, ma gratte entre les mains.
Gustav et Georg m'entourent, ils ne me lâchent plus. Ils s'inquiètent beaucoup pour moi depuis que Bill a disparu. Ils savent à quel point il compte pour moi, à quel point son manque m'affecte et surtout à quel point je tient à lui.
Je joue une mélodie douce et mélancolique tout en pensant à lui. Bill, mon petit frère jumeau.
Je me surprend même à placer quelques paroles débiles, tout sucre - tout miel, à fredonner tout bas des mots d'amour. Je suis pa.thé.ti.que .
Il est temps que Bill rentre et que tout redevienne comme avant.
J'ai hâte de le retrouver et de le serrer dans mes bras, il me manque tellement : ses yeux noisettes, son rire discret, sa peau claire, ses cheveux ébène, sa silhouette fine et élancée, son look androgyne, sa façon adorable de s'exprimer, sa manie de passer des heures dans la salle de bain tous les matins. Tout. J'aime absolument tout chez lui. Il est si parfait.
On est jumeau, mais j'ai pourtant parfois l'impression que tout nous différencie. Il est tellement mieux que moi.
Eh merde, voilà que je fais un putain de complexe d'infériorité.
Gustav et Georg me regardent avec des yeux bienveillants, en silence. Ils veillent sur moi, comme le font les grands frères. Moi je n'ai pas été un bon grand frère, je n'ai pas su voir ce qui arrivait à Bill. Non. J'ai pas su voir ce qui NOUS arrivait, à tous les deux.
Malgrès tout, je me sens mieux. Je suis rassuré, je sais maintenant que Bill va bien et qu'il est en sécurité, qu'il n'est pas seul. Et puis cette jeune fille...Shana, elle m'a promis que je pourrais le revoir bientôt. Je fonde tous mes espoirs là-dessus, je m'accroche à cette idée pour ne pas sombrer. Et j'attend patiemment que ce moment tant attendu arrive.
Je sais que tout va rentrer dans l'ordre, c'est obligé. Dès que Bill franchira cette porte, tout ceci ne sera qu'un mauvais souvenir, et dans quelques années on en rira sûrement.
Je suis plongé dans ma rêvasserie, lorsque trois coups discrets frappés à la porte me sortent de ma létargie, me faisant sursauter au passage. Je vois mes deux meilleures amis échanger un regard puis l'un d'eux se lève pour aller ouvrir à l'importuneur.
" -
Oh, euh...désolé j'ai dû me tromper de chambre. "
Je reconnais immédiatement la voix fluette et douce de Shana. Je me lève précipitement et bouscule gentillement Gustav, toujours planté dans l'encadrement de la porte. J'attrape Shana par les poignets et la fait pénétrer à l'intérieur de la pièce.
Je l'interroge du regard, inquiet et impatient.
Elle me sourit paisiblement et dit simplement :
" -
C'est le moment, Tom. "
Je hoche la tête, attrape ma veste et mon portable, et me dirige à pas rapides vers la sortie. Mais une poigne ferme me retiens, c'est Georg.
" -
Tu vas où comme ça ? Qu'est-ce qui se passe Tom ? "
Un sourire triompheur s'installe sur mon visage et je lui dit, le regardant droit dans les yeux :
" -
Je vais chercher mon petit frère et je le ramène ici. "
Je prend Shana par la main et l'entraîne à ma suite. Nous courons au travers des couloirs, Shana a même du mal à me suivre. Dans notre hâte, nous percuttons quelqu'un qui se trouve sur notre passage. Je peste contre cet individu et tente de me stabiliser sur mes deux jambes.
" -
Tom ? Shana ? Quelle surprise ! "
L'individu se trouve enfaite, être le fils du propriétaire de l'hôtel et accessoirement l'ami de Georg, qui nous l'a présenté. On s'entend plutôt bien avec ce mec mais personellement je ne le connais pas plus que ça et il ne m'assure pas vraiment confiance avec ces airs supérieurs et snobinards de gosse de riche. Moi aussi je me la raconte, certes, mais moi je gagne mon argent tout seul. J'ai plus besoin de papa - maman pour ça.
Bref, je ne m'attarde pas plus que ça, Bill << m'attend>>. Je bredouille quelques excuses à l'intention de Steeve en lui expliquant que nous sommes plutôt pressés, tout en lui promettant de boire un verre avec lui un de ces soirs.
On se serre la main, puis il regarde Shana, un sourire ironique sur le visage.
" -
Je ne savais pas que Tom t'intéressait autant. Tu aurais dû me le dire. "
Je ne comprend pas tout. Je dois dire que je ne comprend même rien du tout, mais pour le moment je m'en contre fiche. J'ai autre chose en tête, et tout ce que je veux c'est rejoindre Bill au plus vite.
Steeve disparaît et nous continuons notre route. Une fois à l'extérieur du luxueux bâtiment, c'est Shana qui me dirige, je me contente de la suivre en pressant le pas, et en lui demandant toutes les cinq secondes si nous sommes bientôt arrivés. Je marche tellement vite et je fais tellement peu attention à ce qui m'entoure, que je me prend, à de nombreuses reprises, les pieds dans mon large baggy et faille m'écrouler sur le bitune. Je m'énerve contre moi-même, et je ne remarque même pas que nous nous sommes stoppés dans notre marche rapide, au beau milieu d'un square abandonné, situé entre d'affreux immeubles menaçant de s'écrouler sous le poids du temps.
" -
Mais qu'est-ce qu'on fou là bon sang ? Je croyais que tu me conduisais jusqu'à Bill !? "
Elle ne fait pas attention à l'agressivité qui pointe dans ma voix et me sourit calmement en pointant son index vers quelque chose que je n'arrive pas à cerner. Je plisse les yeux, pour mieux voir et mon regard se pose soudainement sur deux silhouettes, jouant sur une balançoire, un peu en contre-bas. Je reconnais immédiatement le frêle corps de mon frère. Il n'est pas seul, un petit garçon est à côté de lui.
Je me détourne vers Shana, elle me sourit et m'indique d'un mouvement de tête l'endroit où se trouve Bill, m'incitant à l'y rejoindre.
Je ne réfléchis pas, je cours dans sa direction, un sourire béat sur le visage.
Je suis si heureux de le voir. J'ai même du mal à y croire. Mais c'est bien vrai, je ne rêve pas, il est là, à quelques mètres de moi seulement. Je crois même que je sens son odeur. Son odeur si particulière et qui m'a tellement manqué pour m'endormir le soir, pour m'apaiser ou pour me réconforter.
Je ralentis ma cadence, histoire de ne pas être au bord de l'asphixie et en sueur une fois arrivé devant lui.
Plus que quelques pas nous tiennent éloignés l'un de l'autre maintenant. Et plus j'avance, plus un noeud se forme dans mon estomac.
J'appréhende sa réaction, j'ai peur de ne pas trouver les mots justes, j'ai peur qu'il ne m'échappe et me fuit encore une fois.
Il ne me voit pas arriver.Il me tourne le dos, assis sur une balançoire en bois, se laissant porter par l'engin rouillé et grinçant stridemment, la tête basse.
Je prend le temps de l'admirer, ça fait trop longtemps que je n'en ai pas eu l'occasion.
Il est magnifique, il a l'air d'un petit enfant perdu.
Je m'approche à pas de loups et retiens mon souffle lorsque je pose délicatement une main hésitante et légèrement tremblante sur son épaule osseuse.
Il détourne la tête vers moi, dans une lenteur incroyable, et lorsque son regard croise enfin le mien, ses yeux s'agrandissent de surprise, et il se lève d'un bond, me faisant face. Pour ma part, je crois bien que mon coeur a cessé de battre. Je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie. Je n'ai surtout jamais eu peur de mon frère.
J'essaie de sourire à Bill, malgrès que mon assurance ce soit barrée en courant et, je tente un timide << salut >> .
" -
Qu'est-ce-que tu fais là ? " Aboie t-il.
Je suis légèrement destabilisé par son agressivité, je ne m'attendais pas à une telle réaction provenant de sa part. Lui qui, habituellement est doux comme un agneau. Mais je me doutais bien qu'il n'allait pas m'accueillir à bras ouverts.
Le petit garçon blond s'approche de Bill et lui prend la main tout en me fixant de ses jolis yeux bleus.
" -
C'est qui lui, Billou ? "
Je suis un peu jalou. D'ordinaire, seul moi aie l'autorisation de l'affûblé de ce petit surnom.
Je suis blessé mais ce n'est rien comparé à ce que Bill réplique :
"
C'est personne. Vient Théo, on s'en va. "
Sa phrase me fait l'effet d'un coup de poignard planté en plein coeur.
Bill tourne les talons et commence à partir.
" -
Non attends Bill, s'il te plaît. Il faut qu'on parle. "
Il ne s'arrête même pas et continue son chemin. Mais je le suis, maintenant que je l'ai retrouvé je ne vais pas le lâcher de si tôt.
" -
Bill, j'ten prie écoute moi au moins. Laisse-moi une chance. "
Il s'arrête subitement de marcher, et se retourne vivement vers moi, les yeux embués par les larmes.
" -
Tu...tu avais promis Tom. "
Il se détourne et reprend sa route. J'ai beau réfléchir, je ne comprend pas où il veut en venir.
Je lui cours après, il faut que je sache.
" -
Je comprend pas Bill. Explique-moi. Qu'est-ce que j'avais promis ?
-
Lâche-moi. Lâche-moi Tom. "
Il se débat comme un forcenet et hurle de toute ses forces.
" -
Non Bill, non je ne te lâcherai pas. En tous cas pas avant que tu m'expliques. Qu'est-ce que j'avais promis ? "
Je le secous avec force, je pers patience. Le petit garçon s'aggripe à ma jambe gauche et me crie de laisser Bill tranquille et de ne pas lui faire de mal.
Bill fond en larmes et s'arrête enfin de se débattre et de gesticuler dans tous les sens pour tenter de m'échapper. Il se recule de quelques pas, renifle et me hurle :
" -
Alors c'est vrai ? Tu t'en souviens vraiment pas ? Tu te rappel pas de cette discussion ? "
FLASHBACK
- Qu'est-ce qui ne va pas Bill ? T'es pas heureux d'être en France ?
- Si, bien sûr que si, c'est pas ça...
- Alors c'est quoi ? Dis-moi. Tu sais bien que tu peux toujours compter sur moi, sur Gus' ou Georg !
- Tu promets que tu ne m'en voudras pas !?
- J'te le promet p'tit frère. "
FIN FLASHBACK
" -
T'avais promis Tom. T'es qu'un menteur. Je te déteste. Si tu savais à quel point je te hais. "
Ses pleures redoublent et tout son corps est secoué par de violents sanglots.
Je m'en veux. Je m'en veux tellement de lui faire subir tout ça. Tout est de ma faute. Il est si malheureux à cause de moi. Pour la première fois de ma vie je ne peux pas le consoler, car aujourd'hui c'est moi la cause de ses larmes.
Il reprend le blondinet par la main et remonte la coline en direction de Shana, mais je le rattrape encore une fois. J'enserre son avant-bras et le supplie encore une fois :
" -
Attend, s'il te plaît. Laisse-moi t'expliquer.
-
Y'a rien à expliquer Tom. Y'a plus rien. Tu m'as rejeté et laissé tomber au moment où j'avais le plus besoin de toi. "
J'ai l'impression que mon coeur s'effrite en miettes. Ces paroles me font si mal.
Un sanglot s'échappe d'entre mes lèvres. Je ne voulais pas pleurer et montrer ma faiblesse, mais c'est plus fort que moi, les émotions prennent le dessus.
" -
Je suis terriblement désolé Bill. J'ai été con et égoïste, pardonne-moi. J'aurai pas dû réagir comme je l'ai fais le jour où...le jour où tu m'as dit que tu m'aimais. "
Je le vois se raidir et baisser les yeux, honteux. Voyant qu'il perd petit à petit sa colère, je me rapproche un peu plus de lui et lui prend doucement la main, comme pour l'apprivoiser, pour ne pas lui faire peur.
Avec mon autre main je lui attrape le menton et lui fait lentement relever la tête. J'ancre mon regard dans le sien pour qu'il y lise toute la sincérité des mots que je vais prononcer :
" -
Pardonne-moi, j't'en prie. J'ai été nul, même plus que ça. Et je m'en veux énormément tu sais, bien plus que tu ne le crois. Je suis tellement désolé. Mais je-...j'ai pris peur. Oui Bill, j'ai eu peur. Peur de ce que tu ressentais pour moi et aussi...peur de ce que moi je ressentais pour toi. J'étais perdu tu comprends, je savais pas quoi faire. Tu m'as annoncé ça comme ça, de but en blanc alors j'ai paniqué. Je m'excuse. Je m'excuse d'avoir été lâche, j'ai préféré fuir plutôt qu'affronter la réalité. Je suis pas aussi fort que toi, tu vois. "
Je lui souris tristement et soupire. Lui, ne bouge plus. Il n'a même aucune réaction. Je le lâche et soupire de plus belle.
" -
Je comprend que tu sois fâché et que tu veuilles plus jamais me parler, ni même me voir, mais on est quand même frères Bill, frères jumeaux. Et si t'as besoin de moi, je serai là maintenant. Tu peux venir me chercher au moindre problème. Je serai là pour t'écouter et t'aider, je ferai pas la même erreur deux fois. J'ai trop souffert de ton abscence. Tu m'as terriblement manqué, c'était horrible. Mais je comprend très bien que tu ne puisses pas me pardonner, j'ai été affreux.
Alors maintenant que je t'ai dit tout ce que j'avais sur le coeur je vais m'en aller, d'accord ? Je te laisse tranquille. Promet-moi seulement de prendre soin de toi. "
Je le regarde une dernière fois dans les yeux et commence à rebrousser chemin avant de ne craquer et de fondre en larmes.
Alors ça y'est ? Je l'ai véritablement perdu ?
J'enfonce mes mains dans mes poches et shoote dans des petits cailloux traînant à mes pieds, tout en reniflant bruyamment, lorsque j'entend une voix faible, éraillée et brisée par les sanglots s'élever dans les airs :
" -
Toi aussi tu m'as manqué Tom. "
Bill.
Je me retourne rapidement et vois son joli visage baigné par les larmes. Mais malgrès ces gouttelettes d'eau salée qui s'écoulent de ses yeux, il sourit. Il me sourit d'un tout petit sourire triste, mais au moins il ME sourit. C'est tout ce qui compte.
Je sens mon organe vitale ( son coeur bande de perverses xD ) s'emballer dans ma poitrine. J'ai l'impression qu'il va exploser, ça fait affreusement mal, mais c'est affreusement bon à la fois.
Sentir son coeur battre à tout rompre pour celui qu'on aime, c'est vraiment merveilleux.
Je marche vers Bill. Bill marche vers moi.
On se fixe quelques secondes avant de se jeter dans les bras l'un de l'autre.
On s'accroche, on se serre à en étouffer, on s'aggripe violemment de peur de se lâcher et de se perdre encore une fois. On se tient fermement collé l'un à l'autre, comme si on voulait faire fusionner nos deux corps pour qu'il ne forme plus qu'un.
Je laisse enfin couler mes larmes et ce trop plein de sentiments que je retiens depuis le début d'après-midi. Ca me fait un bien fou de me montrer à nu et de ne pas cacher ce que je ressens derrière une façade pour une fois.
Je ne sais pas combien de temps nous restons ainsi, littéralement scotché l'un à l'autre. Tout ce qui compte pour moi à ce moment-même, c'est le petit être fragile que je tiens entre mes bras, blottie contre mon torse et qui déverse ses larmes dans mon cou.
Je lui caresse tendrement les cheveux pour l'appaiser.
Au bout de quelques minutes ? heures ? on conssent enfin à se détacher, mais nos mains se cherchent et s'accrochent, tout comme nos yeux s'implantent dans ceux de l'autre.
" -
Moi aussi je suis désolé Tom. Je m'excuse d'être parti comme ça, sans prévenir personne. C'était puéril et gamin de ma part, mais j'avais besoin de réfléchir et de prendre un peu de recul. Ton rejet m'a fait très mal tu sais, j'ai pas supporté. Mais j'ai eu tord de partir, surtout que j'ai des responsabilités avec le groupe, les fans et tout ça. Mais je suis quand même parti, tu vois, finalement moi aussi j'ai fuis, moi aussi je suis lâche. On a tous les deux abandonnés face à l'adversité, on a eu les mêmes réactions. On en est au même point. "
A l'aide de mes pouces, j'efface ses dernières larmes, ainsi que ses joues détrempées et barbouillées de maquillage.
" -
Chuut c'est pas grave, n'y pense plus Bill. C'est fini maintenant, c'est fini.
Mais tu devrais songer à investir dans du maquillage waterproof. "
Il rit doucement à ma blague. C'est dingue à quel point son rire m'avais manqué.
Bill s'apprête à ouvrir la bouche pour répliquer, mais le petit garçon, resté en retrait jusqu'à présent, j'avoue d'ailleurs qu'il m'étais sortit de la tête, tire sur le bord du tee-shirt de mon frère, voulant attirer son attention.
" -
Pourquoi tu pleures Billou ? -
Parce que je suis heureux.
-
Abon ? Pourquoi t'es heureux ? "
Bill tourne son visage vers moi et caresse le dos de ma main avec son pouce.
" -
Parce que j'ai retrouvé mon frère. -
Tu l'avais perdu ??? " demande Théo mi-intrigué, mi-choqué.
Bill et moi éclatons de rire. Ca fait du bien de retrouver notre complicité. Je lui caresse la joue du bout des doigts, de peur de l'abîmer et colle mon front au sien comme nous le faisions lorsqu'on était petit.
On se sourit puis nous fermons les yeux au même moment, savourant l'instant présent. On a plus envie de parler, d'ailleurs, on a déjà beaucoup trop usé des mots, mais c'était nécessaire pour qu'on puisse se retrouver. Maintenant, on ne va plus se quitter, on a déjà perdu trop de temps. On va vivre pleinement chaque seconde de notre vie, comme si c'était la dernière.
*** A suivre ***